
Design & Culture
Le Sénat de Coruscant dans la saison 2 d’Andor n’est pas un décor de synthèse. C’est Valence — la Cité des Arts et des Sciences de Santiago Calatrava. Et cette confusion dit quelque chose d’essentiel sur l’architecture.
La saison 2 d’Andor vient de sortir. Et l’une de ses surprises visuelles est là, discrète pour qui ne sait pas regarder : le Sénat de Coruscant — ce lieu de pouvoir froid et vertigineux — n’est pas une maquette numérique. C’est un vrai lieu. Valence. La Cité des Arts et des Sciences, imaginée par Santiago Calatrava dans les années 90.
Un décor ? Non. Une vision.
Calatrava n’a pas seulement dessiné des bâtiments spectaculaires. Il a sculpté des formes qui, trente ans plus tard, semblent toujours venues du futur. Des arches tendues comme des ailes. Des perspectives symétriques, à la Stanley Kubrick. Des jeux d’ombre et de lumière précis comme des partitions.
Le cinéma ne s’y trompe pas. Quand il veut filmer l’hyper-modernité — ou la politique dans ce qu’elle a de plus froid et de plus sublime — il vient chercher l’organique. La tension. Le silence des grands gestes.
Calatrava, c’est l’ingénieur qui parle comme un poète. Chaque courbe naît d’une contrainte. Chaque envolée s’appuie sur un calcul.
C’est un opéra de béton, de verre et de métal. Mais surtout, c’est un imaginaire. Quand la caméra glisse sur ses volumes, elle capte plus qu’un lieu. Elle capte une idée de la civilisation. Un futur sans gadget. Un futur sculpté.
Étudiant, j’ai eu mes premières émotions d’architecture avec la Fallingwater de Wright. Mais juste après, il y a eu Calatrava. Comme si le futur pouvait être beau, courbe, sensible.
Aujourd’hui, je sais que l’organique ne suffit pas. Que l’architecture ne peut pas être qu’un écrin. Mais pour un décor de science-fiction politique dans une galaxie lointaine, très lointaine — quel décor.
Ludovic Martial
Architecte · Planet Studio — Anduze & Challans
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