Vivre dans une maison de verre : utopie ou piège ?
    Journal

    Habiter

    Vivre dans une maison de verre : utopie ou piège ?

    Dans le roman Panorama, tout le monde vit derrière des murs transparents. Un récit dystopique — et une question brûlante pour l’architecture d’aujourd’hui.

    10 novembre 2025·4 min de lectureArchitectureLittératureHabiterIntimité

    Dans Panorama, Lilia Hassaine imagine une société où l’on vit dans des maisons de verre. Pas une métaphore. Des habitations littéralement transparentes. Sans mur opaque. Sans rideau. Sans repli possible.

    Une utopie d’ouverture devenue norme. Une architecture du contrôle, habillée en progrès.

    Je n’ai pas pu m’empêcher de le lire comme un projet d’architecture dystopique.

    L’architecture comme personnage

    Ce qui m’a frappé, c’est ça : dans Panorama, l’architecture est un personnage. Elle module les gestes, les silences, les relations, les drames. Elle conditionne les émotions, les tensions, les secrets.

    Une architecture sans ombre est une architecture sans refuge. Une maison sans recoin est une maison sans mémoire.

    Ce que révèle Lilia Hassaine, c’est que l’intimité n’est pas un défaut de transparence. C’est une condition essentielle à la liberté.

    Ce que ça dit de nos maisons

    À force de chercher la fluidité, la lumière, la transparence — valeurs que nous défendons aussi — ne finit-on pas parfois par effacer les marges où la vie respire ?

    Panorama n’est pas un traité d’urbanisme. Mais il dit beaucoup sur ce que les lieux font à nos existences. À lire si vous vous intéressez, comme nous, à ce que j’appelle l’architecture du regard : celle qui voit, celle qui surveille, ou celle qui laisse exister.

    Ludovic Martial

    Architecte · Planet Studio — Anduze & Challans